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	<title>Lettres à Suzanne</title>
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	<description>Correspondance d'une vie</description>
	<pubDate>Mon, 09 Feb 2009 08:21:29 +0000</pubDate>
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		<title>Concorès le 14 avril 80</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Feb 2009 19:07:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1980]]></category>

		<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[
Madame,
J&#8217;ai bien tardé à vous répondre et je vous demande de bien vouloir m&#8217;en excuser, mais voilà depuis un mois je suis fatiguée et à mon âge, vu mon état de santé, je ne vois pas la possibilité de prendre des pensionnaires pour cet été.
Je suis donc dans l&#8217;obligation d&#8217;annuler votre réservation.
J&#8217;ai bien cherché ici [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px"><img class="size-full wp-image-1887 alignnone" title="timbre-15041980" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2009/02/timbre-15041980.jpg" alt="timbre-15041980" width="169" height="100" /></p>
<p>Madame,</p>
<p>J&#8217;ai bien tardé à vous répondre et je vous demande de bien vouloir m&#8217;en excuser, mais voilà depuis un mois je suis fatiguée et à mon âge, vu mon état de santé, je ne vois pas la possibilité de prendre des pensionnaires pour cet été.</p>
<p>Je suis donc dans l&#8217;obligation d&#8217;annuler votre réservation.</p>
<p><span id="more-1886"></span>J&#8217;ai bien cherché ici dans Concorès s&#8217;il y aurait encore quelque petite maison à louer mais tout est déjà retenu. Vous pourriez peut-être écrire à Gourdon au Syndicat d&#8217;Initiative, Allée de la République. Gourdon est à 10km de Concorès, il y a plusieurs hôtels, et tous les jours matin et soir un autobus fait la liaison Concorès Gourdon.</p>
<p>Au sujet du trajet SNCF, la gare de Saint Clair est pratiquement inexistante, seul un omnibus s&#8217;y arrête le matin et le soir. Gourdon est donc la gare la plus importante où tous les express de la ligne Paris Toulouse font un arrêt. En venant de Nice, vous devez changer de train à Toulouse et prendre la direction Paris.</p>
<p>Je vous donne aussi l&#8217;adresse du Docteur Jean Rédoulés [...] Cahors. Il est le fils du docteur Alain Rédoulés qui exerçait à Saint Germain et malgré ses 91 ans ce dernier vit toujours à Saint Germain et se porte bien.</p>
<p>En vous renouvelant tous mes regrets et mes excuses, je vous prie de croire Madame à mes meilleurs sentiments.</p>
<p style="text-align: right;">A.M.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Concorès le 15.03.80</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Feb 2009 07:46:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1980]]></category>

		<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Madame,
J&#8217;ai bien reçu votre lettre dont je vous remercie. Je suis Madame M. et je me souviens très bien de vous.
Le temps a passé, j&#8217;ai bien vieilli. Je fais encore la cuisine et j&#8217;ai la joie d&#8217;avoir avec moi mon fils, sa femme et mon petit-fils qui a 18 ans.
Donc c&#8217;est avec plaisir que je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1882" title="timbre-15031980" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2009/02/timbre-15031980.jpg" alt="timbre-15031980" width="206" height="100" />Madame,</p>
<p>J&#8217;ai bien reçu votre lettre dont je vous remercie. Je suis Madame M. et je me souviens très bien de vous.</p>
<p>Le temps a passé, j&#8217;ai bien vieilli. Je fais encore la cuisine et j&#8217;ai la joie d&#8217;avoir avec moi mon fils, sa femme et mon petit-fils qui a 18 ans.</p>
<p><span id="more-1881"></span>Donc c&#8217;est avec plaisir que je vous reverrai cet été. Je peux vous réserver une chambre avec un grand lit pour 2 personnes ou une chambre avec 2 lits. Le prix de pension par jour par personne 75 f, les 2 repas, le petit déjeuner, la chambre.</p>
<p>Il y a très peu de locations de petites maisons et elles sont retenues d&#8217;une année à l&#8217;autre et je ne sais pas du tout quels en sont les prix.</p>
<p>Le château a été vendu après le décès de Monsieur G., à des personnes de Castres. Il est bien entretenu mais pas habité.</p>
<p>Si toutefois vous décidez de venir passer un mois à Concorès au cours de l&#8217;été, je vous demanderai de me fixer au plus tôt car je n&#8217;ai pas beaucoup de chambres.</p>
<p>Au plaisir d&#8217;avoir votre réponse.</p>
<p>Je vous prie de croire Madame à mon meilleur sentiment.</p>
<p style="text-align: right;">A.M.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le 22 sept. 1967</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Dec 2008 18:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Mon Éternelle Pensée,
Pardonnez-moi, Suzanne, la lettre inachevée d&#8217;hier soir ; le sommeil, ce maitre impitoyable, m&#8217;a surpris et&#8230; j&#8217;ai dû l&#8217;interrompre.
Je n&#8217;ai pas pu la continuer ce matin, mais, afin que vous eussiez un mot de votre &#8220;Lou&#8221; samedi matin, je vous l&#8217;ai envoyée par &#8220;EXPRES&#8221; ce jour. J&#8217;y ai mis un souffle de ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1154" title="timbre-23091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-23091967.jpg" alt="" width="275" height="100" /></p>
<p>Mon Éternelle Pensée,</p>
<p>Pardonnez-moi, Suzanne, la lettre inachevée d&#8217;hier soir ; le sommeil, ce maitre impitoyable, m&#8217;a surpris et&#8230; j&#8217;ai dû l&#8217;interrompre.</p>
<p><span id="more-1153"></span>Je n&#8217;ai pas pu la continuer ce matin, mais, afin que vous eussiez un mot de votre &#8220;Lou&#8221; samedi matin, je vous l&#8217;ai envoyée par &#8220;EXPRES&#8221; ce jour. J&#8217;y ai mis un souffle de ma tendresse : respirez-le bien fort. Un battement de mon cœur plein de nostalgique désir y est aussi : serrez les deux feuilles blanches contre votre cœur et unissez vos pensées, femme chérie !</p>
<p>Vous aimeriez connaitre le son de ma voix ! Eh bien, Suzanne, en dépit du long séjour en France, j&#8217;ai gardé toujours un accent étranger ; je l&#8217;impute à la fâcheuse habitude d&#8217;avoir parlé l&#8217;allemand et le russe à la maison, chez nous. Je ne sais si c&#8217;est une raison suffisante.</p>
<p>Et me voici encore avec votre&#8230; chevelure blonde-foncé ! C&#8217;est vrai, j&#8217;ai dû abandonner l&#8217;essai de former ma lointaine Suzy d&#8217;après mon imagination ! Surprise pourtant&#8230; mystérieuse : sauf la coiffure j&#8217;ai eu l&#8217;intuition de vos beaux traits ! Mais maintenant que je connais votre taille et vos mesures, je ne résisterai pas à la tentation de vous&#8230; recréer ! Plus tard, à Neuilly, dans l&#8217;intimité de tout ce qui nous unit et fusionne, je vous ferai entièrement ; comme seul un époux, passionnément épris de sa femme, connait l&#8217;inspiration. Je ne m&#8217;arrêterai donc pas au premier essai ! Car :</p>
<p>&#8220;Pardonnez ! Cette main que la faiblesse accable<br />
N&#8217;a pas su modeler votre hautaine splendeur :<br />
Malgré tout mon amour, et toute ma ferveur,<br />
Je n&#8217;ai créé de vous qu&#8217;une image de sable.</p>
<p>Pardonnez à cette ébauche impure et périssable<br />
Mais ma triste compagne alors était la peur<br />
Qui, volant à mon art sa modeste valeur,<br />
L&#8217;empêche d&#8217;imiter votre grâce inimitable !&#8221;</p>
<p>Chérie ! On m&#8217;a dit, et l&#8217;on me dit encore, que je possède une vocation pour l&#8217;art ! Mais y a-t-il une vocation pour l&#8217;artiste Suzanne ? Je n&#8217;en doute point et pense ceci : vocation veut dire &#8220;appel&#8221;, et l&#8217;appel vient de l&#8217;intérieur. Et écoutant cet appel, fidèle à la mission magnifique que le destin l&#8217;impose à l&#8217;artiste, son âme gravite autour de l&#8217;infini (et où l&#8217;infini &#8220;finit&#8221;, l&#8217;éternité commence !)&#8230; Mais l&#8217;âme humaine n&#8217;a rien de l&#8217;astre, et tandis que l&#8217;étoile suit sa course invariable, l&#8217;âme, créée libre, trace elle-même son sillon préféré : la perfection, le divin, tel est le but qu&#8217;elle se propose d&#8217;atteindre.</p>
<p>Ô ! Je ne l&#8217;atteindrai jamais !</p>
<p>Ce soir, je serre contre mon cœur une carte (ô ! ce manque qui me fait frémir de joie ! Ce crépuscule qui crie ma nostalgie d&#8217;y être avec vous ! Suzanne, ma Suzanne !) qui m&#8217;est chère - dernièrement reçue et qui restera gravée dans mon cœur et mon âme&#8230; ô, mon aimée, ma vie, pourquoi osez-vous m&#8217;écrire : &#8220;<em>les confidences ne s&#8217;arrachent pas !</em>&#8220;.</p>
<p>Mais je vous ouvre tout mon cœur, femme adorée. Avec chaque lettre je vous laisse plonger dans ma vie - aucun secret - au moins pour vous, chérie ! Personne ne connait ce que mon cœur tourmente, sauf vous et moi - et le rêve qui m&#8217;étreint avec la plus violente passion, vous seule le savez&#8230;</p>
<p>Toujours, sans cesse, je vous regarde et admire. Ô, comme vous m&#8217;appartenez déjà ! Ô, ces trésors de tendresse que je devine et qui me donnent le vertige de la joie, le délire ! Je sens que vous me donnerez la plus haute volupté qui puisse exister&#8230; que vous me comblerez au delà de mon rêve !</p>
<p>Ô, image d&#8217;amour, au bord du lac !</p>
<p>Et ce visage-lumière, qui vous élève dans ma pensée, fièrement et hautainement, que vous me montrez&#8230; sous la treille habillée de blanc !</p>
<p>Laissez-moi près de vous. J&#8217;ai un besoin fou, immense, de vous serrer contre moi, ô, je vous désire tant et avec toute ma tendresse infinie qui vous attend, Suzanne chérie.</p>
<p>Mon Amour, ma Suzanne !</p>
<p>Je n&#8217;ai plus de patience jusqu&#8217;au jour où nous serons ensemble à jamais.</p>
<p>Suzanne, ma Suzanne&#8230;</p>
<p style="text-align: right;">Lou</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le 20 sept. 1967</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Dec 2008 10:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Suzanne chérie,
Votre aimable lettre de samedi est là, devant moi&#8230; avec les trois images qui représentent mon plus cher, mon inestimable trésor.
Pardonnez-moi, mon cher cœur, de vous avoir occasionné de la peine. Oubliez, ô, oubliez ce vilain geste de vous avoir renvoyé vos photos ! Je vous supplie, moi qui vous adore. Suzanne, pardonnez-moi.
J&#8217;ai été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1141" title="timbre-20091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-20091967.jpg" alt="" width="264" height="100" /></p>
<p>Suzanne chérie,</p>
<p>Votre aimable lettre de samedi est là, devant moi&#8230; avec les trois images qui représentent mon plus cher, mon inestimable trésor.</p>
<p>Pardonnez-moi, mon cher cœur, de vous avoir occasionné de la peine. Oubliez, ô, oubliez ce vilain geste de vous avoir renvoyé vos photos ! Je vous supplie, moi qui vous adore. Suzanne, pardonnez-moi.</p>
<p><span id="more-1140"></span>J&#8217;ai été tellement désemparé en recevant votre avant dernière lettre ! (à tort d&#8217;ailleurs, je le sais&#8230;), il m&#8217;a semblé entendre comme un prélude à notre relation, et mon cœur ténébreux, obscurci, ce cœur qui vous aime, vous désire tant et qui est à vous, eut un sursaut de désespoir !</p>
<p>Ô ! Tant d&#8217;azur m&#8217;apportent vos paroles dans le gris de mes heures solitaires ! Ces douces paroles qui sont musique pour mes oreilles et qui jaillissent de votre cœur si bon, me submergent par leur tendresse - ô ! je me sens merveilleusement bien&#8230; je marche avec joie vers vous, ma lumière, le chemin fleuri sous mes pas.</p>
<p>Suzanne, mon âme.</p>
<p>Suzanne, mon cœur, corps praxitélien, beauté céleste, vous m&#8217;éblouissez&#8230; Depuis que je vous connais, je ne suis plus le même&#8230; un autre a pris ma place et vous écrit&#8230; Souvent je regarde votre signature comme mangée à demi par vos dents fraiches&#8230; Ô ! J&#8217;aime passionnément vos lettres ! Je les adore et les relis tout le temps. Comme vous écrivez bien ! Vos douces paroles sont les degrés tendres de l&#8217;escalier qui me conduit vers la sphère céleste du bonheur. Ô ! Suzanne ! Je n&#8217;existe plus qu&#8217;en vous&#8230; mon cœur est vide&#8230; toute ma vie, ma tendresse est en vous.</p>
<p>Je ne peux pas vous dire que je vous aime. Ce n&#8217;est pas assez fort. Désirez-vous que je vous dise l&#8217;amour que j&#8217;ai pour vous ? Que j&#8217;use de mots vains, toujours insuffisants ?</p>
<p>Je suis tout à vous - cœur, âme, corps. Fusion totale dans le délire d&#8217;amour.</p>
<p style="text-align: right;">Louis</p>
<p>P.S. Demain je vous répondrai plus longuement, vous aurez mon &#8220;Exprès&#8221; pour samedi matin.<br />
Pensées et plus encore !</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le 14 sept. 1967 23h</title>
		<link>http://suzanne.themes-du.net/le-14-sept-1967-23h/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Dec 2008 18:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Suzanne&#8230; chérie,
Mardi matin j&#8217;avais reçu votre lettre de dimanche (10 sept.) et vous savez bien quel plaisir me fait votre pensée ! Mais - Suzanne - ce plaisir aurait été plus grand si vous n&#8217;aviez attribué à certaines de mes phrases un sens contraire à leur nature-même&#8230; et j&#8217;en suis navré. Est-ce possible que vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1132" title="timbre-15091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-15091967.jpg" alt="" width="187" height="100" /></p>
<p>Suzanne&#8230; chérie,</p>
<p>Mardi matin j&#8217;avais reçu votre lettre de dimanche (10 sept.) et vous savez bien quel plaisir me fait votre pensée ! Mais - Suzanne - ce plaisir aurait été plus grand si vous n&#8217;aviez attribué à certaines de mes phrases un sens contraire à leur nature-même&#8230; et j&#8217;en suis navré. Est-ce possible que vous me croyez un individu aussi méprisable, comme vous le soupçonnez - et ceci plus encore dans votre lettre du 12 septembre !</p>
<p><span id="more-1131"></span>Lundi soir, je vous avais écrit un récit&#8230; plus lyrique que descriptif, sur l&#8217;impression qui m&#8217;était restée pendant <a href="http://suzanne.themes-du.net/foret-dautomne/" target="_self">un séjour automnal dans la forêt de mon Tyrol</a>. Je sais que Nous parlons même langage et qu&#8217;une seule pensée nous unit ! Et, en écrivant ce récit, dont je vous parle, je me sentais si près, ô ! entièrement à vous, Suzanne. Je vous le joins, raccourci, et à l&#8217;avance je sais déjà que vous ne pouvez ressentir autre chose que ce que j&#8217;ai ressenti et ressens.</p>
<p>Je vous écris, ce soir, mon âme, étendu sur mon lit, volets clos, près d&#8217;une faible lumière, et il me semble que je vous parle. De temps en temps, mon regard caresse vos images si belles ! Et une lueur, un parfum mystérieux se dégage de votre visage souriant - une mélodie douce, tendre, chaude, flotte encore autour des deux feuilles bleues que vos petites mains ont touché et&#8230; mon Dieu, Suzanne&#8230;, vous qui êtes ma fée exquise, ma pensée nostalgique&#8230; pourquoi ne voulez-vous pas comprendre ce que mon CŒUR bat pour vous ? Si j&#8217;ai dit : &#8220;<em>dois-je étouffer&#8230; </em>etc.&#8221; et &#8220;<em>&#8230; ma pensée nostalgique se meurt sur mes lèvres&#8230;</em>&#8221; - n&#8217;auriez-vous donc pas compris ? Je n&#8217;osais pas vous dire avec des mots encore ce que mon cœur criait à tout moment. Eh bien, si je vous l&#8217;avais révélé, vous m&#8217;auriez pris pour un excentrique ! Et pourtant, Suzanne, je suis si mesuré ! Non, non, rien ne nous sépare. Non ! Je suis libre de mes actions - mais décidément vous trouvez tout étrange et mauvais ce qui est simple et bon. Soit. Mais pour éviter tout malentendu, sachez que le cri que j&#8217;ai étouffé voulait tout simplement (oui, Suzanne) vous dire : toute ma vie vous appartient, mon cœur vous contient et je ne rêve plus que d&#8217;être ensemble pour toujours.</p>
<p>Alors ?</p>
<p>Pour garder notre relation intacte, je vous propose, pour mal que cela me fasse, de nous écrire une fois par semaine (ce ne sera pas long mon séjour) et dès mon retour à Neuilly, vous adresserez votre correspondance à mon domicile.</p>
<p>Je vous retourne toutes les photos - je les ai serrées sur mon cœur et&#8230; embrassées. Ô ! Je ne pouvais les garder, mais dès que vous aurez reçu les miennes, vous me renverrez les trois suivantes.</p>
<p>1) Celle qui a été coupée en haut et vous représente habillée en blanc entourée d&#8217;une treille.</p>
<p>2) Celle où vous êtes avec le chat.</p>
<p>et 3) Où vous êtes, presqu&#8217;une silhouette, au bord du lac.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1133 aligncenter" title="photo1-14091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/photo1-14091967.jpg" alt="" width="230" height="235" /><img class="alignnone size-full wp-image-1134" title="photo2-14091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/photo2-14091967.jpg" alt="" width="230" height="235" /></p>
<p>Suzanne chérie, chérie, tant chérie&#8230; il me semble qu&#8217;un peu de mon bonheur s&#8217;en va. Mais vite, vite : écrivez-moi, je vous implore. Dites-moi que vous pardonnez mes élans. Dites-moi aussi que vous ne me retirez pas votre sympathie.</p>
<p>Il est déjà tard - je dois vous dire : bonne nuit ! Mais mon cœur qui ressent pour la première fois pour vous la peine dans un amour naissant, reste près de vous.</p>
<p style="text-align: right;">Lou</p>
<p>P.S. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Paray" target="_blank">Paul Paray</a> doit être âgé à l&#8217;heure actuelle. L&#8217;avez-vous connu ?</p>
<p>Le concert pour violon en D-dur (= ré majeur) de Beethoven est, pour moi, le plus beau concert pour violon, et, bien sûr ! La &#8220;Pastorale&#8221;&#8230; c&#8217;est inévitable&#8230; la forêt, la prairie, les oiseaux&#8230; les ruisseaux !</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur le soir (en pensant à Suzanne)</title>
		<link>http://suzanne.themes-du.net/sur-le-soir-en-pensant-a-suzanne/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Dec 2008 10:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[Je songe à vous. La lune est là. La lune écoute.
Dans ce soir attiédi des soupirs et des voix ;
Les cloches des troupeaux grelottent sur la route.
Êtes-vous triste encore ? Vous pleuriez autrefois.
L&#8217;hymne des tout petits emplit toute la lande.
Je vois votre profil sur le ciel clair et bas.
Ce silence est très grand&#8230; mais mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je songe à vous. La lune est là. La lune écoute.<br />
Dans ce soir attiédi des soupirs et des voix ;<br />
Les cloches des troupeaux grelottent sur la route.<br />
Êtes-vous triste encore ? Vous pleuriez autrefois.</p>
<p>L&#8217;hymne des tout petits emplit toute la lande.<br />
Je vois votre profil sur le ciel clair et bas.<br />
Ce silence est très grand&#8230; mais mon âme est plus grande,<br />
Ce chant silencieux ne la remplirait pas.</p>
<p>Votre profil léger pèse pourtant sur l&#8217;ombre<br />
Qui rampe lentement le long des coteaux bleus.<br />
Autour de votre front pur le ciel est si sombre&#8230;<br />
Et deux étoiles d&#8217;or me semblent vos beaux yeux.</p>
<p>Un frisson me saisit : vous êtes tellement belle<br />
Et c&#8217;est pourquoi mon rêve est beau ce soir et doux.<br />
Sur le peuplier droit dort une tourterelle.</p>
<p>Endormez-vous tristesse ; tristesse endormez-vous</p>
<p style="text-align: right;">10 Sept. 1967</p>
<hr />
<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1129" title="timbre-11091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-11091967.jpg" alt="" width="265" height="100" /></p>
<p>Le 11 sept 1967 9h</p>
<p>Suzanne,</p>
<p>Avant de fermer cette enveloppe, j&#8217;ai voulu vous joindre quelques mots pour vous remercier de votre dernière lettre (du 7 sept.), reçue ce matin.</p>
<p>Ô vous, mon âme ! Vous me rendez ivre de joie. Chaque lettre nouvelle me découvre des trésors insoupçonnés, des valeurs rares, introuvables.</p>
<p>Je vous comprends plus par mon cœur que par l&#8217;esprit, et avec chaque jour qui passe, je me rapproche davantage de vous. Je me sens tellement vôtre ! Le mot n&#8217;est pas trop fort, si vous sentez mon nostalgique désir !</p>
<p>Laissez-moi vous regarder silencieusement&#8230; votre main dans la mienne&#8230;</p>
<p style="text-align: right;">Lou</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le 9 sept. 1967</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Dec 2008 18:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Suzanne,
Votre splendide lettre du 4 septembre est entre mes mains, et&#8230; mon Dieu ! dois-je étouffer ce cri impétueux qui veut s&#8217;élancer vers vous&#8230; vous m&#8217;êtes chère, très chère, toujours présente, votre pensée se confond avec la mienne et me poursuit nostalgiquement sans cesse&#8230; Mais mon appel se meurt sur mes lèvres&#8230; et je vois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1125" title="timbre-09091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-09091967.jpg" alt="" width="241" height="100" /></p>
<p>Suzanne,</p>
<p>Votre splendide lettre du 4 septembre est entre mes mains, et&#8230; mon Dieu ! dois-je étouffer ce cri impétueux qui veut s&#8217;élancer vers vous&#8230; vous m&#8217;êtes chère, très chère, toujours présente, votre pensée se confond avec la mienne et me poursuit nostalgiquement sans cesse&#8230; Mais mon appel se meurt sur mes lèvres&#8230; et je vois dans mon rêve grandir à l&#8217;infini votre silhouette - ô si belle ! - en fond du soir tombant.</p>
<p><span id="more-1124"></span>Ô Suzanne ! n&#8217;est-ce pas Gérardmer ?</p>
<p>Les nouvelles photos, je les regarde et regarde. Est-ce possible ? Dites-moi que je vous vois et que vous existez - vous, le reflet de mon âme. Je suis ravi, charmante âme ! Ravi de nous regarder comme une seule unité - n&#8217;est-ce pas incroyable ?</p>
<p>Vous avez aussi l&#8217;amour de moi pour les bêtes ! Le chat est mignon - mais votre profil dépasse toute imagination&#8230; et il me semble respirer, en vous regardant, tout le parfum qui reste dans votre chevelure et je me sens ivre, ivre de joie.</p>
<p>Ô vous ! vous avez le don de deviner ce que je n&#8217;écris pas. Mais c&#8217;est la meilleure preuve que Notre pensée est identique.</p>
<p>Oui, je voudrais que cet immense besoin d &#8216;une présence féminine soit exaucé par le destin.</p>
<p>Jusqu&#8217;à présent ce n&#8217;était que le vide absolu, le désert. Ce ne sont pas les femmes qui manquent, mais ce qui manque c&#8217;est la femme sérieuse, noble, consciente de sa mission. Hélas ! Je voudrais que celle que j&#8217;apprécie et j&#8217;admire à présent s&#8217;appelle&#8230; Suzy&#8230;</p>
<p>Laissez-moi serrer votre main, silencieusement, doucement. Je veux la presser sur mon cœur, sans mot dire&#8230; et vous regarder longuement. Il est certain cas où je sens la parole me faillir et où, lorsqu&#8217;on est près (et je suis si près !) le regard la remplace&#8230;</p>
<p>Vivaldi ! Si je le connais ? Il repose à Vienne. Si vous avez l&#8217;occasion d&#8217;écouter le 10e concert (en sol) de sa &#8220;LA CETRA&#8221;, ne le manquez pas ! C&#8217;est vraiment remarquable.</p>
<p>Dans un siècle de décadence comme le nôtre, il est rare de trouver une âme qui s&#8217;arrache à ce déclin abrutissant. La musique moderne n&#8217;a pas le droit de se dire : musique. Kakophonie serait un mot qui lui sied mieux. Quand j&#8217;ai dû entendre dans ma Vienne ces hurlements qui déchirent l&#8217;oreille ! Rrrr ! Et l&#8217;on applaudit, et l&#8217;on s&#8217;y plait.</p>
<p>Mon cher Beethoven, Schumann, Schubert, Bruckner, Mahler, Wolf, Mozart et tant d&#8217;autres, qui étaient la gloire (on dirait : immortelle ?) de Vienne ! Qu&#8217;on les laisse tranquillement dormir, qu&#8217;on ne les blasphème pas !</p>
<p>Je suis, comme [on] dit, un grand ami des bêtes et pour cette raison, je ne puis être chasseur. Je considère la chasse comme un crime&#8230; au risque de me rendre &#8220;ridicule&#8221; ; c&#8217;est mon credo et je ne l&#8217;abandonnerai pas !</p>
<p>Je voulais vous écrire sur mon activité et mes origines, mais je m&#8217;excuse, Suzanne, si je ne puis le faire aujourd&#8217;hui. Je le ferai dans ma prochaine. Êtes-vous depuis longtemps à Nice ? Sans doute depuis la guerre. Ma famille était venue en France en 1924. Nous avons résidé en Angleterre et en Suisse quelques temps. Mais je vous en parlerai dans ma lettre de demain.</p>
<p style="text-align: right;">Ma main dans la vôtre.<br />
Un regard.<br />
Lou</p>
<p>P.S. Bien sûr. Lou ! Je vous apelle bien Suzy ! Mais je ne vous appelle pas &#8220;chère Suzanne&#8221;, parce que vous m&#8217;êtes plus chère que ce mot !</p>
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		<title>Le 2 sept. 1967</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Dec 2008 10:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Suzanne,
L&#8217;isolement spirituel dans lequel je vis et traine mes jours me sépare des autres : je me sens tellement &#8220;étranger&#8221; ! Que de fois, à la ville, entre amis, j&#8217;ai senti qu&#8217;un désert s&#8217;étendait entre moi et les autres. Nous errions en pays aride&#8230; n&#8217;ayant pas trouvé nos sources, ou les ayant asséchées.
Ainsi il m&#8217;arrive [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1121" title="timbre-03091967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-03091967.jpg" alt="" width="244" height="100" /></p>
<p>Suzanne,</p>
<p>L&#8217;isolement spirituel dans lequel je vis et traine mes jours me sépare des autres : je me sens tellement &#8220;étranger&#8221; ! Que de fois, à la ville, entre amis, j&#8217;ai senti qu&#8217;un désert s&#8217;étendait entre moi et les autres. Nous errions en pays aride&#8230; n&#8217;ayant pas trouvé nos sources, ou les ayant asséchées.</p>
<p><span id="more-1120"></span>Ainsi il m&#8217;arrive parfois, sur le soir, que je sens mon âme solitaire qui s&#8217;attriste&#8230; comme si quelque peine ignorée filtrait lentement dans mon cœur, quand le soleil s&#8217;enfuit.</p>
<p>Si Dieu jamais doit être proche des cœurs, c&#8217;est un soir comme celui-ci, sous ce ciel, dans  cette solitude. Je veux croire à la beauté du soir, à l&#8217;influence de cette paix (si près déjà d&#8217;être religieuse) sur mon angoisse&#8230;</p>
<p>Mais le miracle s&#8217;accomplit : vous êtes venue. Vous, Suzanne, que j&#8217;attendais déjà, et plus je vais plus je sens le prix de votre amitié. Je comprends, intuitivement, que votre apparition dans ma vie a changé (ou va changer) la couleur de tout mon avenir.</p>
<p>Oui, je le répète : je regrette amèrement le mois perdu&#8230; Ô, dites-moi vite que votre grand cœur ne me garde aucune rancune ! Dites-moi aussi que dans un temps pas trop éloigné, nous irons ensemble à Gérardmer ? Ô, Suzanne, je voudrais voir, respirer, m&#8217;enivrer avec vous de cette magnifique solitude qui m&#8217;a bercé dès les jours de mon enfance&#8230; Je voudrais m&#8217;identifier, me dissoudre d&#8217;enthousiasme dans ce paysage qui vous arrache une admiration délirante.</p>
<p>Je me rappelle d&#8217;un été passé dans les landes, près de la mer. Le spectacle était unique, saisissant : devant moi s&#8217;étendait l&#8217;infini de l&#8217;océan ; derrière, l&#8217;immensité de la forêt des pins et au-dessus de moi l&#8217;éternité du ciel étoilé. Je sentais, comme nulle part encore je l&#8217;avais ressenti, ce silence religieux, qui m&#8217;entourait comme une prière toujours renouvelée et je sentais aussi ce silence me pénétrer et me redonner le calme.</p>
<p>Combien j&#8217;ai été surpris de vos paroles : &#8220;.<em>.. je me suis enfermée dans les allées désertes du parc et à la veille du départ, tout cela était empreint d&#8217;une nostalgie intense&#8230;</em>&#8220;. Oui, Suzanne, surpris : mon cœur vibrait de joie, de bonheur d&#8217;entendre ces mots de votre bouche ! Je ne les ai jamais encore ouïs - et mon sentiment, ma sympathie n&#8217;a jamais été aussi grande pour vous ! Vous ne parlez pas de salles de jeux ; de casino ; de cabarets ; de dancings ! Les mots prononcés pourraient être aussi mes mots et ce langage est un chant que nous possédons en commun.</p>
<p>Je trouve avec la &#8220;Mercedès&#8221; tous les avantages - aucune autre voiture ne les procure - vous avez encore le même gout que moi ! Avez-vous le permis de conduire ? Ce serait pour moi une journée ensoleillée de vous voir au volant ! Je veux changer la 220/E (qui n&#8217;est plus fabriquée) contre la 250, qui est encore améliorée. La couleur gris-acier est très belle - je n&#8217;aime guère les teintes &#8220;criardes&#8221; ! Je vois que votre choix est aussi remarquable que pour tout ce que vous choisissez - je veux parler de votre merveilleux gout pour vous habiller ! Vraiment, je ne croyais pas à mes yeux&#8230; et mon impression première était que les photos que vous m&#8217;avez envoyées représentaient une femme-mannequin, tellement vous êtes belle et bien habillée. Et déjà l&#8217;angoisse étreint mon cœur&#8230; aurais-je jamais ce bonheur de vous appeler, un jour, avec ce doux nom que je n&#8217;adresserais qu&#8217;à une seule femme ? Oui, l&#8217;aurais-je ?</p>
<p>Excusez le papier précédent - j&#8217;ai écrit sans faire attention sur des feuilles destinées à des copies.</p>
<p>En ce qui concerne ma maison, c&#8217;est une belle demeure (c&#8217;est mon avis - sera-t-il aussi le vôtre ? Je le crois&#8230;), composée de huit pièces principales. Je vous citerai le salon, qui est remarquable, la salle à manger Chippendale (tissus verts) et une des chambres à coucher merveilleuse. La bibliothèque avec discothèque est mon lieu préféré, comme vous le devinez. J&#8217;ai quantité de statues - marbre, pierre, bois. Serez-vous ma compagne dans cette bibliothèque ? Je veux, dès mon retour à Paris, prendre des photos et vous les envoyer. Ainsi vous pourrez vous faire une idée de mon intérieur, qui reflète l&#8217;ordre dans la beauté.</p>
<p>Je vous enverrai dès que possible quelques photos de moi, et vous restituerai deux des vôtres&#8230; le choix m&#8217;a torturé ! Vous êtes si belle que ma raison a chancelé&#8230; peut-être vous ai-je dit des choses qui ne vous ont pas fait plaisir ?</p>
<p style="text-align: right;">Bonne nuit, Suzanne. J&#8217;attends votre mot.</p>
<p style="text-align: right;">Louis</p>
<p>P.S. Mes pensées ? Mais vous les devinez&#8230;</p>
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		<title>Le 31 aout 1967 soir</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2008 18:00:21 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Suzanne,
Je n&#8217;ai jamais été à Gérardmer ; j&#8217;en ai entendu parler, et connaissant maintenant votre gout pour apprécier les splendeurs de la forêt , du lac et de la montagne, je partage sans réserve votre enthousiasme. Votre vœu : &#8220;&#8230; j&#8217;espère un jour contempler ces beautés avec vous&#8230;&#8221; a trouvé un écho retentissant dans mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1111" title="timbre-31081967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-31081967.jpg" alt="" width="199" height="200" /></p>
<p>Suzanne,</p>
<p>Je n&#8217;ai jamais été à Gérardmer ; j&#8217;en ai entendu parler, et connaissant maintenant votre gout pour apprécier les splendeurs de la forêt , du lac et de la montagne, je partage sans réserve votre enthousiasme. Votre vœu : &#8220;<em>&#8230; j&#8217;espère un jour contempler ces beautés avec vous&#8230;</em>&#8221; a trouvé un écho retentissant dans mon âme&#8230; Ô ! ces mots qui vibrent en tout mon être, Suzanne ! Être avec vous ! Ô mots ciselés de nostalgie féroce ! Je m&#8217;imagine ces heures lumineuses, pleines de nous-mêmes ; l&#8217;amour que je porte dans mon cœur pour la forêt, la montagne, les lacs y est enraciné depuis ma tendre enfance. Si vous connaissiez l&#8217;allemand, je vous enverrais quelques poésies - remarquables - que j&#8217;avais fait dans ma première jeunesse sur la forêt.</p>
<p><span id="more-1110"></span>Mais l&#8217;homme &#8220;moderne&#8221; aime-t-il la nature ? Dans une façon déformée il feint de s&#8217;intéresser à ces merveilles. Mais dans notre époque, que je hais, où l&#8217;homme est devenu homme robot, homme termite, homme oscillant du travail à la chaine à la belote et à l&#8217;apéritif ?</p>
<p>On alimente l&#8217;homme moderne en culture préfabriquée, en culture standard, comme on alimente les bœufs en foin. On offre un bel immeuble, une meilleure voiture : mais quel homme pour les habiter ?</p>
<p>Chère, très chère Suzanne, combien je vous trouve différente de ce troupeau aveugle qui ne connait même pas la nostalgie.</p>
<p>Oui ! Combien votre personnalité me plait, me ravit ; aucune ombre ne ternit votre belle pensée et je me sentirais le plus heureux des hommes d&#8217;avoir une compagne comme vous, Suzanne.</p>
<p>Je vous remercie pour l&#8217;intérêt que vous témoignez pour ma personne. Je suis presque guéri de ma main et je ne crois pas d&#8217;avoir à supporter des conséquences fâcheuses.</p>
<p>Je vous envoie quelques cartes de&#8230; Paris ! Je sais que cela vous fera plaisir, d&#8217;autant plus qu&#8217;elles ont été choisies avec soin par votre lointain ami !</p>
<p>(J&#8217;avais hésité à vous adresser la lettre écrite hier soir - mais pourquoi ne pas exprimer ma pensée ? Pardonnez-moi si c&#8217;est mal).</p>
<p>Je continuerai cette lettre demain - et croyez que ma pensée ne vous quitte plus !</p>
<p style="text-align: right;">Louis</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le 30 aout 1967</title>
		<link>http://suzanne.themes-du.net/le-30-aout-1967/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2008 10:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[Suzanne,
(Pardonnez mon audace. Je ne puis vous appeler autrement).
Dorénavant, me sera-t-il possible de me représenter le lac de Gérardmer sans songer à vous, Suzanne ? Je verrai toujours surgir au bord de l&#8217;eau votre silhouette sculpturale, caressée d&#8217;air bleu et tremblante sous le souffle du zéphyr dans la lumière d&#8217;or du soleil couchant.
Ô, vous êtes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suzanne,</p>
<p>(Pardonnez mon audace. Je ne puis vous appeler autrement).</p>
<p>Dorénavant, me sera-t-il possible de me représenter le lac de Gérardmer sans songer à vous, Suzanne ? Je verrai toujours surgir au bord de l&#8217;eau votre silhouette sculpturale, caressée d&#8217;air bleu et tremblante sous le souffle du zéphyr dans la lumière d&#8217;or du soleil couchant.</p>
<p><span id="more-1108"></span>Ô, vous êtes si belle ! Et vous êtes si bonne&#8230; Avoir devant moi tant de splendeur ! Je ne me lasse pas de vous regarder. Que se passe-t-il en moi ? Je ne le sais pas. Je ne sais qu&#8217;une seule chose : j&#8217;aime ce que vous me dites et je vous admire. Mais je sens aussi que les notions qui n&#8217;ont pas de nom encore sont peut-être les plus futures et les plus certaines. Si cela est, je prie Dieu de me permettre de bien vous aimer et que vous, Suzanne, m&#8217;aimiez un jour&#8230; Je le supplie de fortifier en moi la volonté, la joie de lutter pour ce bonheur ; car dans toute ma nature, il n&#8217;y a pas un seul point qui n&#8217;y soit destiné.</p>
<p>Suzanne&#8230;</p>
<p>Sentez-vous cet appel de mon cœur, ce besoin irrésistible de suivre le chemin magnifique que Dieu m&#8217;a montré ?</p>
<p>Le sentez-vous ?</p>
<p>Et qu&#8217;en définitive on n&#8217;aurait pas besoin de me disposer un bucher, et que je mettrais moi-même le feu de ma joie à mon cœur accompli, pour qu&#8217;il se consume sans reste et qu&#8217;il s&#8217;élève vers Dieu en une seule et grande flamme ?</p>
<p>Telles sont mes pensées ce soir. Je tremble en vous écrivant. J&#8217;ai lu et relu vos paroles. C&#8217;est votre âme qui me parle. Je ne puis l&#8217;entendre qu&#8217;en fermant les yeux, elle me fait pleurer de joie. Comment savez-vous être divinement douce pour entrainer vers ce qui n&#8217;est pas&#8230; Croyez, Suzanne, je ne suis pas faible. Mais vous êtes trop forte pour moi&#8230;</p>
<p>Il est déjà tard, je pense à vous avec tendresse. Mais vous dormez déjà, peut-être. Bonne nuit, Suzy !</p>
<p style="text-align: right;">Louis</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le 22 aout</title>
		<link>http://suzanne.themes-du.net/le-22-aout/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2008 18:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://suzanne.themes-du.net/?p=1104</guid>
		<description><![CDATA[
Très chère Mademoiselle,
&#8220;Vous voilà avec deux jours de retard&#8221; dira ma sympathique correspondante. Dimanche et lundi, chère Mademoiselle, il m&#8217;était impossible de tracer un seul mot ; après les massages et la gymnastique des doigts, je tremblais et ce n&#8217;est que ce soir que je peux sans grands efforts vous écrire.
J&#8217;avais voulu sanctifier l&#8217;après-midi de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1105" title="timbre-22081967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-22081967.jpg" alt="" width="268" height="100" /></p>
<p>Très chère Mademoiselle,</p>
<p>&#8220;Vous voilà avec deux jours de retard&#8221; dira ma sympathique correspondante. Dimanche et lundi, chère Mademoiselle, il m&#8217;était impossible de tracer un seul mot ; après les massages et la gymnastique des doigts, je tremblais et ce n&#8217;est que ce soir que je peux sans grands efforts vous écrire.</p>
<p><span id="more-1104"></span>J&#8217;avais voulu sanctifier l&#8217;après-midi de dimanche en vous écrivant. Je dis bien : sanctifier, pour vous démontrer la haute estime mêlée d&#8217;admiration que je porte dans mon cœur et mon esprit pour vous. Hélas ! Ce phlegmon qui est en train de se cicatriser a bouleversé par ses accès réactifs avec ses tremblements nerveux mes intentions. Je voudrais que ma sympathique amie et correspondante m&#8217;excuse.</p>
<p>J&#8217;ai mesuré avec calme et dans la tranquillité, sans le laisse emporter par la moindre excentricité, <span style="text-decoration: underline;">nos</span> valeurs communes. J&#8217;ai jugé qu&#8217;elles sont appréciables, et sans m&#8217;étendre davantage sur ce fait, un grand espoir s&#8217;est fait place dans mon coeur ; je ne suis pas facilement porté à l&#8217;enthousiasme dans ma vie pour quelqu&#8217;un ou quelque chose. Il faut que j&#8217;eusse bien approfondi un problème pour me décider après mûre réflexion&#8230; Comme vous voyez, rien à la légère.</p>
<p>Je désire une femme exceptionnelle, intelligente ; une femme gracieuse, charmante, douce ; une maitresse de maison, une âme inspiratrice surtout : mes créations d&#8217;art doivent trouver leur source dans ma femme. CORPS - CŒUR - ESPRIT, cette trinité excite l&#8217;inspiration. Une belle pensée, une douceur donnée, le charme féminin du corps - tout cela possède des inspirations qui se perdent dans l&#8217;infini.</p>
<p>C&#8217;est regrettable que la guerre ait mis une fin cruelle à votre carrière ; je voudrais vous entendre parler, étudier vos mouvements, l&#8217;expression de vos yeux !</p>
<p>Vous dites : &#8220;<em>&#8230; je voudrais connaitre des pages de plus belles amours (dans mon avenir) et comme ce doit être bon d&#8217;y vivre (Neuilly) avec un compagnon de choix</em>&#8220;. Mais le même désir me hante, chère Mademoiselle. Car j&#8217;ai la certitude que l&#8217;intérieur de ma demeure vous plairait. Mais vivre dans ce cadre, entouré d&#8217;amour, rien que d&#8217;amour, par une compagne qui aurait le pouvoir d&#8217;attirer sur moi les plus douces émotions, les plus purs ébranlements de l&#8217;être&#8230; mon amie lointaine, je ne demanderais pas davantage.</p>
<p>Je devais vous dire ces mots, mon cœur a un besoin immense d&#8217;amour, d&#8217;amour vrai, pas de cet amour qui se borne aux sensations animales.</p>
<p>J&#8217;ai une petite voiture pour la ville, et une voiture&#8230; appelons-la &#8220;de prestige&#8221;, Mercédès, que je veux changer avec la nouvelle 250.</p>
<p>Mes affaires en ce moment ne sont guère brillantes ; la crise qui sévit dans le bâtiment est grande ; néanmoins j&#8217;ai réussi quelques affaires, qui me semblent promettre un gain intéressant. L&#8217;avenir me le dira, car nous vivons dans une époque des possibilités impossibles.</p>
<p>J&#8217;ai essayé une sculpture sommaire de vous, avant que ma mian devienne malade. Je me suis arrêté à la coiffure&#8230; et je m&#8217;interrogeais comment vous étiez coiffée&#8230;</p>
<p>Je nourris le grand espoir de vous &#8220;faire&#8221;, &#8220;former&#8221; un jour ; pour cela, évidemment, vous ne seriez plus une simple inconnue dans ma vie ; mais l&#8217;intimité de l&#8217;œuvre exige que vous soyez ma femme.</p>
<p>&#8220;Quelles rêveries !&#8221; direz-vous en lisant cette lettre. Des rêveries ! Pas tellement, pourtant, si l&#8217;on regarde de près. Et d&#8217;une rêverie, chère Mademoiselle, peut surgir la plus séduisante réalité, ne l&#8217;oubliez pas !</p>
<p style="text-align: right;">Je pense à vous avec tendresse<br />
L.B.</p>
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		<title>Le 20 aout 1967</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2008 10:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Très chère Mademoiselle,
(Je ne connais pas encore votre prénom !).
J&#8217;ai bien reçu vos lettres du 29 juillet, 2 aout et 14 aout et je retrouve avec quelle joie cette noble distinction qui vous caractérise.
Je ne pouvais vous répondre plus tôt ; un phlegmon de la main droite m&#8217;a paralysé pendant trois semaines et je vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:left;margin-right:5px;"><img class="alignnone size-full wp-image-1101" title="timbre-20081967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/10/timbre-20081967.jpg" alt="" width="253" height="100" /></p>
<p>Très chère Mademoiselle,</p>
<p>(Je ne connais pas encore votre prénom !).</p>
<p>J&#8217;ai bien reçu vos lettres du 29 juillet, 2 aout et 14 aout et je retrouve avec quelle joie cette noble distinction qui vous caractérise.</p>
<p><span id="more-1100"></span>Je ne pouvais vous répondre plus tôt ; un phlegmon de la main droite m&#8217;a paralysé pendant trois semaines et je vous écris avec difficulté ces quelques lignes. Mais ce soir je m&#8217;efforcerai à faire une lettre qui répondra à votre cœur inquiet.</p>
<p>Je vous ai toujours devant mes yeux - vous oublier ? Je ne veux ni le peux ! J&#8217;ai sculpté dans ma pensée votre corps mais je n&#8217;arrive pas à me représenter la coiffure. Je sais que vous êtes blond-foncé mais&#8230; quelle coiffure ? Vous pensez, en souriant, que c&#8217;est un détail sans importance&#8230; eh, non&#8230; tout de vous m&#8217;intéresse jusqu&#8217;aux détails !</p>
<p>A ce soir donc, et croyez bien que je reste en pensée près de vous car vous êtes la seule femme qui a su attirer mon intérêt et j&#8217;espère que l&#8217;avenir ne fera qu&#8217;augmenter mon admiration pour vous.</p>
<p style="text-align: right;">Avec toute ma pensée,<br />
belle et radieuse<br />
Louis</p>
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		<title>Le 8 juillet 1967</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Dec 2008 18:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Chère Mademoiselle,
Que devez-vous penser encore de ce retard ! Une indisposition, due à la chaleur en visitant un chantier, a changé mes itinéraires et je dois remettre à plus tard mes projets, qui m&#8217;auraient rapproché de vous. Donc, à plus tard la ville Phocéenne et mes terrains de St Tropez !
L&#8217;émotion que j&#8217;éprouve en lisant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-1092" title="timbre-08071967" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/09/timbre-08071967.jpg" alt="" width="299" height="100" /></p>
<p>Chère Mademoiselle,</p>
<p>Que devez-vous penser encore de ce retard ! Une indisposition, due à la chaleur en visitant un chantier, a changé mes itinéraires et je dois remettre à plus tard mes projets, qui m&#8217;auraient rapproché de vous. Donc, à plus tard la ville Phocéenne et mes terrains de St Tropez !</p>
<p><span id="more-1091"></span>L&#8217;émotion que j&#8217;éprouve en lisant vos lignes est grande. Comment trouver les mots pour exprimer ma joie ? La petite esquisse, rudimentaire, de votre vie m&#8217;a ravi ! Vous êtes 1er prix du Conservatoire de Nice ! Carrière théâtrale ! Combien je l&#8217;aime, combien je l&#8217;adore ! Chère Mademoiselle, combien ceci nous rapproche !</p>
<p>La guerre a anéanti aussi mes rêves ! Ce serait un livre à écrire ; mais vous comprendrez avec ces mots laconiques ce que cela veut dire ? Je pense vous le raconter un jour, de vive voix.</p>
<p>Vous êtes, chère Mademoiselle, une sensible. Encore un peu de moi-même.</p>
<p>Vlaminck ! Vous aimez les &#8220;Fauves&#8221; ! Mes préférés sont Toulouse-Lautrec, Renoir et Degas. Comme professeurs dans la sculpture, j&#8217;ai eu Kolke - Allemand. Grand admirateur de Rodin, je ne trouve qu&#8217;une seule sculpture de Maillol digne d&#8217;intérêt : La Nuit.</p>
<p>J&#8217;ai vu, dans le jardin Royal de Toulouse, une statue de Maillol : le monument à la mémoire des équipages qui ont traversé l&#8217;Atlantique (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Saint-Exup%C3%A9ry" target="_blank">St-Exupéry</a> / autres). C&#8217;est une femme nue, allongée.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Sculpture Maillol Jardin Royal Toulouse" src="http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/busca/image/pe_cd1393_img79.jpg" alt="" width="400" /></p>
<p>De l&#8217;autre côté du même jardin, j&#8217;ai découvert le monument à  <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9odat_de_S%C3%A9verac" target="_blank">Déodat de Séverac</a> (une muse, debout, qui a le corps très proportionné mais je n&#8217;ai pu savoir qui l&#8217;a sculptée !).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="monument déodat de séverac" src="http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/busca/image/pe_cd3130_img12.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/busca/jardin_royal.htm" target="_blank">Crédits Photos </a></p>
<p>Je ne suis pas Corse mais Viennois (originaire d&#8217;Autriche). Maman était Russe orthodoxe (mon père catholique). Ma mère a eu le Grand Prix du Conservatoire de Saint Petersbourg (Danse).</p>
<p>J&#8217;ai collaboré à une revue très célèbre pour les arts (Vienne). Je suis un grand doué, un passionné pour les arts et que dire encore, chère Mademoiselle ?</p>
<p>Lorsqu&#8217;on avait refusé des représentations des ballets russes, cette unique beauté d&#8217;art, cette représentation sans pareille, la révolte dans mon âme fut immense. Comment mêler l&#8217;art, ce pur cristal, à l&#8217;hypocrisie politique ? L&#8217;art n&#8217;a pas de frontières ; l&#8217;art ne connait que la grandeur et la noblesse du cœur et de l&#8217;esprit. Hélas ! Le XXe siècle, qu&#8217;on voudrait le siècle du progrès, détruit, sous le prétexte de mieux faire, les plus belles conquêtes de l&#8217;art&#8230;</p>
<p>Chère Mademoiselle (je ne connais pas encore votre prénom), je souhaite de tout mon cœur que la petite lueur qui se dessine à l&#8217;horizon s&#8217;intensifie, devienne lumière ; car ce que vous m&#8217;écrivez, ce que vous exprimez encore timidement, comble absolument mon cœur : c&#8217;est beau, c&#8217;est presque parfait. Vous avez le pouvoir, et avec quelques mots seulement, de faire renaitre en moi l&#8217;inlassable désir dans cette tension de tout l&#8217;être vers ce qu&#8217;il cherche à étreindre.</p>
<p>J&#8217;ai longtemps cherché l&#8217;explication lumineuse de ce monde, dont nous ne connaissons encore que l&#8217;opaque approximation ; je ne l&#8217;ai pas trouvée ! Mais j&#8217;ai mon &#8220;credo&#8221;, la secrète croyance que, bien que la vie soit méprisable et laide souvent, que les gens soient vils, cruels et bas en certains moments, il y a, néanmoins, derrière tout cela quelque chose qui, si j&#8217;étais assez grand pour le comprendre, rendrait la vie d&#8217;une beauté indescriptible.</p>
<p>J&#8217;aime la vie, la vie chaude, ardente, vivante ; m&#8217;y enraciner - apprendre, savoir, penser, agir, sentir, désirer, AIMER - voilà ce que je veux. Rien de moins. Aspiration passionnée&#8230;</p>
<p style="text-align: right;">Ma pensée reste avec vous</p>
<p style="text-align: right;">L.B.</p>
<p>P.S. Sur la photo : mes cheveux sont gris en réalité - je ne sais quel reflet de lumière a pu déformer la nature. Vous pouvez garder l&#8217;image si vous voulez.</p>
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		<title>Le 27 juin 1967</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Dec 2008 10:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[
Chère Mademoiselle,
Ce matin j&#8217;ai trouvé votre deuxième message, écrit à la machine, à mon adresse postale. Vos paroles me touchent, chère Mademoiselle ; mais croyez bien que je n&#8217;avais pas besoin d&#8217;elles pour penser à vous. Oui, je me reprochais chaque jour de n&#8217;avoir pas encore répondu pas le moindre mot à votre aimable lettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-1089" title="timbre-270619671" src="http://suzanne.themes-du.net/wp-content/uploads/2008/09/timbre-270619671.jpg" alt="" width="270" height="100" /></p>
<p>Chère Mademoiselle,</p>
<p>Ce matin j&#8217;ai trouvé votre deuxième message, écrit à la machine, à mon adresse postale. Vos paroles me touchent, chère Mademoiselle ; mais croyez bien que je n&#8217;avais pas besoin d&#8217;elles pour penser à vous. Oui, je me reprochais chaque jour de n&#8217;avoir pas encore répondu pas le moindre mot à votre aimable lettre &#8220;bleue&#8221; du 23 mai. Comment m&#8217;expliquer à moi-même ce silence. Laissez-loi par cette occasion vous exprimer mes remerciements sincères d&#8217;avoir pensé à moi.</p>
<p><span id="more-1085"></span>Après avoir lu et relu votre lettre - l&#8217;esprit tout frais - j&#8217;ai cru trouver dans vos lignes une certaine méfiance envers moi (n&#8217;y voyez pas le moindre reproche surtout !) et vous me demandez de créer &#8220;<em>ce climat de confiance qui vous est nécessaire avant tout</em>&#8220;.</p>
<p>Je vous ai déjà dit que je me trouve en tournée d&#8217;inspection pour mon entreprise - société civile. Je suis tantôt à Montpellier ou Marseille, tantôt à Toulouse ou Tarbes. Quelle adresse vous donner ? Si vous répondez à cette lettre, je vous enverrai par retour ma photo - même si vous jugez bon, sans contrepartie. Comme vous pouvez constater, j&#8217;ai entièrement confiance en vous.</p>
<p>Je ne suis pas un aventurier, chère Mademoiselle. Ma vie est sans histoire et si je suis encore célibataire, c&#8217;est après une cruelle déception dans ma vie que je le suis resté.</p>
<p>J&#8217;ai pris, après la mort de mon père, l&#8217;affaire en mains, j&#8217;avoue : sans enthousiasme. Un grand sentimental ne peut se plier aux nécessités de la vie&#8230; il restera le grand vaincu !</p>
<p>C&#8217;est ainsi que je me trouvais plus désorienté que jamais. Je ne sais si vous connaissez cette anxiété particulière d&#8217;une vie tout à coup sans objet. Le désert sans espoir à l&#8217;horizon, sans mirage d&#8217;aucune sorte. C&#8217;est de cette vie stérilisante que j&#8217;ai pris à cœur de m&#8217;arracher et je vous ai&#8230; écrit !</p>
<p>Étant, matériellement parlé, totalement désintéressé sur ce point, deux choses m&#8217;ont attiré dans votre annonce : ce &#8220;<em>grand attachement</em>&#8221; et la &#8220;<em>valeur morale</em>&#8221; - le &#8220;<em>très bien physiquement</em>&#8221; est vraiment charmant et je dirais : merveille ! Car le tout ferait les délices de mon automne ! En tant qu&#8217;artiste, je ne reste pas insensible devant la beauté des formes féminines, d&#8217;autant plus qu&#8217;elles sont en quelque sorte &#8220;l&#8217;extériorisation de la beauté intérieure&#8221; - chez vous.</p>
<p>Est-ce cela ? Votre écriture me parle de force artistique débordante. Êtes-vous secrétaire ? Collaboratrice d&#8217;art d&#8217;une revue ?</p>
<p>Votre nom sonne allemand. Êtes-vous Alsacienne ? La nationalité, la langue, n&#8217;a pour moi aucune importance. J&#8217;aime <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rainer_Maria_Rilke" target="_blank">R.M. Rilke</a> à côté de Rodin - expressions identiques, l&#8217;une par la poésie, l&#8217;autre par la forme&#8230; sans prétention : je forme les deux &#8212;</p>
<p>Je sais donc que vous êtes blonde - 1m65 - mince (heureusement ! je déteste certaines obésités de Maillol) vous aimez les voyages - la maison - le désir du bonheur brule en vous - ô quel reflet de moi-même !</p>
<p>Vous ne me refuserez pas les renseignements que je vous demande, chère Mademoiselle. Si vous deviez cependant en décider autrement, je m&#8217;incline - tout en vous souhaitant ce que je souhaite à moi-même.</p>
<p style="text-align: right;">Pensées&#8230;</p>
<p style="text-align: right;">Louis B.</p>
<p>P.S. Chère Mademoiselle, si vous êtes en mesure de me répondre par retour, je me réjouirais ; car je dois partir pour Andorre prochainement, d&#8217;où je me ferai un plaisir à vous adresser quelques cartes. D&#8217;accord ?</p>
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		<title>Le 16 mai 1967</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Dec 2008 18:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[1967]]></category>

		<category><![CDATA[Lettres Louis]]></category>

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		<description><![CDATA[Chère madame,
J&#8217;aurais voulu vous répondre plus tôt mais mes travaux m&#8217;ont appelé dans la ville rose et j&#8217;ai hésité à vous écrire.
J&#8217;ai 52 ans, 1m73, très distingué, cheveux gris, yeux gris-fer et sans défauts corporels.
Moralité sans reproche, sobre, ne fume pas (mais est-ce une qualité ?). J&#8217;ai étudié les sciences, les lettres et la physique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chère madame,</p>
<p>J&#8217;aurais voulu vous répondre plus tôt mais mes travaux m&#8217;ont appelé dans la ville rose et j&#8217;ai hésité à vous écrire.</p>
<p><span id="more-1071"></span>J&#8217;ai 52 ans, 1m73, très distingué, cheveux gris, yeux gris-fer et sans défauts corporels.</p>
<p>Moralité sans reproche, sobre, ne fume pas (mais est-ce une qualité ?). J&#8217;ai étudié les sciences, les lettres et la physique nucléaire. Depuis mon tendre âge doué pour la sculpture, c&#8217;est, avec la musique, le ballet, l&#8217;art que je préfère. J&#8217;ai sculpté surtout des femmes et des enfants et je crois, sans être prétentieux, d&#8217;avoir du talent.</p>
<p>Après la mort de mon père (1958) j&#8217;ai pris son entreprise personnelle sous ma direction ; le bâtiment. Mais j&#8217;avoue que je n&#8217;ai aucun enthousiasme pour certaines tendances de l&#8217;urbanisme qu&#8217;on prétend &#8220;moderne&#8221;.</p>
<p>Je suis ici pour quelques jours et je serais heureux de recevoir un mot de votre part - si possible accompagné d&#8217;une petite photo.</p>
<p>J&#8217;ajoute que je ne cherche pas une femme qui possède des avantages en banque&#8230; je la voudrais sans fortune mais honnête, possédant une intelligence naturelle, une éducation du cœur. J&#8217;ai tout ce qu&#8217;une femme rêve, à vous, si vous comblez mes exigences, de décider.</p>
<p style="text-align: right;">LB</p>
<p>P.S. J&#8217;habite Paris - Neuilly</p>
]]></content:encoded>
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